Le van roule sur l’asphalte noir de la Ring Road. Fin juin 2025. Les montagnes découpent l’horizon. À gauche, un glacier bleu étincelle sous le soleil rasant. À droite, un champ de lave fume encore. Cette Islande-là n’existe que six mois par an. Le reste du temps, la neige ferme les routes. Les vents soufflent à 50 km/h. Les voyageurs restent sur l’axe principal. Mais entre juin et septembre, l’île s’ouvre. Les F-roads deviennent praticables. Les glaciers révèlent leurs grottes. Les volcans fument sans danger.
Atterrir et prendre la route en van
L’aéroport de Keflavík se trouve à 50 km de Reykjavík. Les vols depuis la France durent 3 à 4 heures. Le prix oscille entre 150 et 400 euros selon la saison. Arrivé au terminal, un comptoir propose des vans aménagés. La location coûte entre 80 et 200 euros par jour.
La Route 1 forme une boucle de 1 333 km autour de l’île. Elle traverse des paysages qui changent tous les 50 km. Des fjords. Des déserts volcaniques. Des glaciers qui descendent jusqu’à la mer. Cette route reste ouverte toute l’année. Mais les F-roads secondaires, elles, se débloquent seulement fin mai. Les inspections commencent en juin. Les pluies hivernales endommagent les pistes. Les ponts à une voie deviennent glissants.
Le van démarre. Direction l’est. La Ring Road file vers Vatnajökull, à 380 km de Reykjavík. Le trajet dure 5 heures. Les paysages défilent. Le bitume lisse remplace la neige des mois d’hiver.
Le moment magique où l’Islande s’éveille
Entre juin et septembre, l’Islande change de visage. Les températures grimpent de 10 à 15 degrés Celsius. Les heures de lumière passent de 6 à 20 par jour. Les routes secondaires s’ouvrent. Les grottes de glace deviennent accessibles. Les campings accueillent les vans sans restriction.
Cette fenêtre temporelle révèle des sites inaccessibles le reste de l’année. Vatnajökull couvre 13% du territoire islandais. Sous sa calotte glaciaire dort le volcan Öræfajökull, culminant à 2 119 mètres. Les randonnées sur le glacier Svínafellsjökull nécessitent des crampons. Les guides organisent des excursions en juin. Les groupes restent petits. Les touristes de juillet ne sont pas encore arrivés.
Spectacles visuels des volcans et glaciers
Jökulsárlón étend sa lagune sur plusieurs kilomètres. Des icebergs bleus flottent sur l’eau noire. Certains mesurent la taille d’un immeuble. À 500 mètres, Diamond Beach expose des morceaux de glace échoués sur le sable volcanique. La lumière les traverse. Ils brillent comme des diamants.
Le champ de lave de Berserkjahraun date de 3 000 ans. La mousse le recouvre d’un tapis vert épais. Les visiteurs marchent sur un sol spongieux. Le silence est total. Pas de voiture. Pas de foule.
Héritage géologique et historique
Le parc national de Vatnajökull obtient le statut UNESCO pour son activité géologique unique. À Þingvellir, les plaques tectoniques européenne et américaine se séparent de 2 cm par an. La faille se voit à l’œil nu. Les randonneurs descendent entre les deux continents.
L’éruption du volcan Laki en 1783 façonna le paysage islandais. Les 130 cratères alignés forment une cicatrice de 25 km. Les champs de lave s’étendent à perte de vue. La mousse met 60 ans à les recouvrir.
Vivre l’aventure en van sur place
Un circuit de 7 à 10 jours permet d’explorer le Cercle d’Or et la côte sud. Le van offre la liberté de s’arrêter où bon semble. À Geysir, l’eau bouillante jaillit du sol toutes les 10 minutes. À Gullfoss, la cascade déverse le plus gros volume d’eau d’Europe.
Les campings dédiés aux vans jalonnent la Ring Road. Celui de Vogar, près du lac Mývatn, propose des emplacements face aux monts Hverfjall. Le tarif reste abordable. Les installations incluent douches chaudes et électricité. Le camping sauvage est interdit hors zones autorisées. Les amendes atteignent 100 000 couronnes islandaises, soit 110 euros.
Activités principales
Les excursions en bateau amphibie sur Jökulsárlón permettent d’approcher les icebergs. Les phoques nagent entre les blocs de glace. Les randonnées sur le glacier Skaftafell offrent des vues sur les crevasses bleues. Les crampons agrippent la glace millénaire. Chaque pas craque sous le poids.
Le volcan Hverfell se gravit en 30 minutes. Le cratère circulaire mesure 1 km de diamètre. Du sommet, le regard embrasse le lac Mývatn et ses formations volcaniques. Les zones géothermiques de Námaskard crachent des fumerolles jaunes et rouges.
Saveurs et artisanat local
La piscine naturelle de Seljavallalaug se niche au pied d’une montagne. L’eau chaude coule à 25 degrés Celsius. Les locaux y viennent depuis 1923. Aucun touriste en vue. Juste le bruit de l’eau qui dégouline sur la pierre.
Le skyr, yaourt épais islandais, se trouve dans tous les supermarchés. Les artisans sculptent des objets en basalte noir. Les petites boutiques de Reykjavík vendent des pulls en laine d’agneau. Le van permet de transporter ces trouvailles sans contrainte.
L’émotion d’une île en équilibre fragile
Fin septembre, les premières neiges blanchissent les sommets. Les F-roads ferment une à une. Les vans quittent l’intérieur des terres. La Ring Road redevient l’unique axe praticable. Les températures chutent. Les vents reprennent.
Face au glacier Vatnajökull, une certitude s’impose. Ce paysage ne se visite que quelques mois par an. Le timing transforme l’expérience. Un mois trop tôt, les routes restent fermées. Un mois trop tard, la neige recouvre les cratères. Entre juin et septembre, l’Islande offre son visage le plus généreux.
Vos questions sur voyager en van en Islande répondues
Quel est le meilleur timing et coût pour un road trip en van ?
La période juin-septembre garantit l’accès aux F-roads et grottes de glace. Les températures oscillent entre 10 et 15 degrés Celsius. Un circuit de 7 jours coûte environ 850 euros. La location du van représente 200 euros par jour. L’essence pour 1 333 km avoisine 100 euros. Les campings facturent 15 à 20 euros par nuit. Une taxe routière de 10 euros par jour s’applique depuis juillet 2025.
Quelles traditions ou spécialités découvrir ?
Les Islandais fréquentent les piscines géothermiques toute l’année. Seljavallalaug, construite en 1923, reste ouverte au public. L’eau coule à 25 degrés Celsius. Les habitants respectent une étiquette stricte. Se doucher nu avant d’entrer. Ne laisser aucun déchet. Les campings appliquent des règles strictes pour protéger l’environnement. Le camping sauvage est interdit. Les amendes dissuadent les contrevenants.
Islande vs Norvège en van : pourquoi choisir l’Islande ?
L’Islande concentre ses attractions sur 1 333 km de Ring Road. La Norvège étire ses fjords sur des distances doubles. Les volcans islandais restent actifs, contrairement aux formations européennes éteintes. Les glaciers descendent jusqu’à la mer. Les coûts s’avèrent 30% inférieurs en Islande durant l’été. La location de van inclut souvent l’assurance complète. Les routes islandaises sont prioritairement déneigées en hiver.
Le van s’arrête au bord de Jökulsárlón. Le moteur s’éteint. Un iceberg dérive lentement vers la mer. La glace craque. Le son résonne dans le silence. Au loin, un volcan fume doucement. Le soleil de minuit effleure l’horizon sans jamais disparaître.
